Qu’est-ce que l’alcoolisme fonctionnel ?
On appelle « alcoolisme fonctionnel » la situation d’une personne dépendante à l’alcool qui parvient encore à assumer l’essentiel de ses responsabilités : elle va travailler, gérer sa famille, payer ses factures, entretenir une vie sociale à peu près normale.
Bref elle « fonctionne ».
Et rien, vu de l’extérieur, ne laisse deviner un problème avec l’alcool. Et c’est donc cette apparente normalité qui donne naissance à l’expression… et à l’idée rassurante, qu’il s’agirait d’une forme d’alcoolisme différente, plus légère, plus maîtrisée.
C’est justement cette idée qu’il faut déconstruire.
« Moi je suis un alcoolique fonctionnel » : une phrase qu’on entend souvent
C’est une phrase qui revient très régulièrement en accompagnement. Et on comprend pourquoi : elle rassure.
Cette étiquette permet de reconnaître qu’il y a peut-être un sujet… certes… mais que ce n’est sans doute finalement pas un vrai problème… parce que c’est gérable, parce qu’on ne ressemble en rien à l’image qu’on se fait d’une personne « vraiment » alcoolique.
Le souci, c’est que cette étiquette rassure à tort car elle minimise ce qui est déjà en train de se passer.
L’alcoolisme fonctionnel n’est pas une catégorie à part : c’est un stade
C’est l’idée centrale à bien comprendre. Malgré ce que beaucoup pensent, l’alcoolisme fonctionnel n’est pas une forme différente de la maladie alcoolique. C’est un stade de son évolution.
Et c’est un stade par lequel tout le monde passe.
Avant de perdre le contrôle, on avait tous le contrôle… et on a tous, sans exception, commencé par être « fonctionnels » dans notre glissade. Exactement comme avant de boire tous les jours, on ne buvait pas tous les jours. Et comme avant de boire dès le matin, on ne buvait pas le matin.
Cette progression n’est pas un hasard ni une fatalité individuelle : c’est une caractéristique de la maladie alcoolique elle-même.
La dépendance à l’alcool, reconnue comme maladie par l’OMS depuis 1978, est une maladie progressive.
Elle avance avec la fréquence et la quantité de consommation, et les capacités du corps à s’adapter, à compenser, à faire illusion, finissent tôt ou tard par s’épuiser.
Pourquoi l’illusion de sécurité est le vrai danger
Le problème avec l’étiquette « fonctionnel », ce n’est donc pas le mot en lui-même mais ce qu’il pourrait laisser supposer… qu’il existerait une frontière étanche entre soi et « les vrais alcooliques ». Que, pour une raison ou une autre, on serait protégé de la suite. Que ce serait différent, pour soi.
Mais il n’y a pas de frontière.
Et dans l’alcool, il n’y a qu’une seule trajectoire, la même pour tout le monde, qui avance à des vitesses différentes selon les histoires… mais qui avance toujours dans le même sens tant que rien n’est fait pour l’arrêter.
Et si se dire « fonctionnel » aujourd’hui, c’est finalement se donner une bonne raison de ne rien changer maintenant… alors c’est là qu’est le vrai danger. Car c’est précisément ce délai, cette impression de marge de manœuvre, qui permet à la maladie de continuer sa progression tranquillement et sans opposition.
Se reconnaître dans cette phrase est donc un signal… pas un diagnostic rassurant
Si la formule « je suis un alcoolique fonctionnel » te parle, il ne s’agit pas de la relativiser. C’est un signal à prendre au sérieux… celui d’un stade dans un processus qui, par nature, ne s’arrête pas de lui-même.
Un alcoolique fonctionnel aujourd’hui ne le sera plus demain. Ce n’est pas une menace, mais simplement la logique normale d’une maladie qui progresse.
La bonne nouvelle, c’est que comprendre précisément comment ce mécanisme s’installe et avance change complètement la donne.
Car c’est à partir de cette compréhension qu’il devient possible d’agir avant que la marge de manœuvre ne se réduise davantage.
C’est précisément l’objet de mon module en ligne « Comprendre le mécanisme de la dépendance à l’alcool ».
Ce module te permettra de comprendre en profondeur comment la dépendance s’installe et progresse… il pose les bases de compréhension et de réflexions nécessaires à toute personne qui se questionne sur sa consommation.















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