En séance, il y a des phrases qui reviennent souvent…
« Ça ne va plus avec mon conjoint(e), on se dispute tout le temps… je bois parce que l’ambiance est invivable à la maison. »
Et à chaque fois, l’équation paraît simple :
« Si mon couple allait mieux, je boirais moins. »
Pourtant le scénario est connu… lorsque la dépendance est installée… et qu’arrive une séparation…
Alors surprise… car bien souvent l’alcool ne diminue pas… au contraire même, il augmente…
Histoire tristement banale et tapis rouge pour la dépendance…
Avec généralement aussi, cette prise de conscience tardive que l’autre n’était peut-être pas la cause de la consommation mais plutôt son garde-fou.
L’autre qui n’était pas parfait ni irréprochable… mais une présence qui contenait un peu la dérive.
Et pourtant, longtemps, l’état de ton couple était l’explication logique à ta consommation excessive…
Et c’est d’ailleurs pourquoi, à deux, vous avez cherché ce qui n’allait pas… multiplié les discussions… parfois entrepris des thérapies ponctuées de reproches et de non-dits… tenté de « mettre les choses à plat »…
Tout en évitant bien souvent et parfois malgré vous le problème principal…
Alors que pourtant… quand la dépendance s’invite dans une relation, c’est bien elle qui devient le problème principal.
Car elle altère l’humeur, fragilise la communication, érode le lien, crée des tensions… mais par-dessus tout elle modifie profondément le fonctionnement même de la personne concernée… quand cette personne boit mais aussi quand elle ne boit pas.
Alors je ne dis pas que les problèmes de couple n’existent pas. Je ne dis pas non plus que l’alcool est la cause de tout.
Mais si tu es dépendant à l’alcool et que tu regardes l’état de ton couple aujourd’hui… ce que tu prends pour la cause de ta consommation est peut-être finalement déjà l’une de ses conséquences.
Et dans ce cas la vraie question n’est peut-être pas :
« Pourquoi mon couple me fait boire ? »
Mais plutôt :
« Qu’est-ce que l’alcool est en train de faire à mon couple ? »
Car tant que tu ne changes pas la question, tu cherches la solution au mauvais endroit.















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