La plupart des gens pensent que le déni, c’est une question de mauvaise foi.
Que les personnes dépendantes savent qu’elles ont un problème… mais refusent de le voir.
Mais en vrai ce n’est pas aussi simple que ça… et il y a trois raisons qui font que si tu as un problème d’alcool… alors tu as, ou tu as eu, bien du mal à sortir de ce fameux déni.
Et les comprendre, c’est déjà commencer à bouger…
1 – L’alcool est partout… tout le monde boit.
Depuis que tu es petit, l’alcool est fêté, banalisé… Lubrifiant social par excellence… euphorisant… anesthésiant… synonyme de liberté, de plaisir, de convivialité… sacralisé comme un rite de passage vers l’âge adulte même…
Le champagne pour les mariages. Le rosé pour les barbecues. La bière devant le match de foot. Le vin pour « faire gastronomique ». Le whisky pour paraître sérieux.
L’alcool est dans les publicités, dans les films, dans les repas de famille, dans les pots de départ, dans les anniversaires, dans les victoires, dans les défaites.
Oui, dans notre société, boire c’est « normal ».
Alors considérer que tu as un problème d’alcool, c’est d’abord aller à l’encontre de tout ça… à l’encontre de cette « normalité » et finalement de tout ce que tu as appris depuis l’enfance.
Et ce n’est pas rien.
2 – Avoir un problème d’alcool… ça veut dire être alcoolique.
Et tu le sais « l’étiquette de l’alcoolique » est forte. Repoussante même.
Parce que l’alcoolique dans l’imaginaire collectif, c’est le type au bar à 8h du matin… le clochard avec sa bouteille… l’homme ou la femme qui a tout perdu.
Mais toi qui travailles, qui élèves tes enfants, qui paies tes factures et qui gardes les apparences, tu n’es pas ce type là… tu n’es pas cette femme là…
Et puisque tu ne te reconnais pas dans cette image… tu ne peux pas te reconnaître dans le problème.
Sauf que cette image est fausse. La dépendance à l’alcool ne ressemble pas à une image… elle ne ressemble pas à un cliché…
Parce que l’alcoolique, ça peut aussi être la voisine bien habillée, la star de cinéma glamour, le sportif dont tout le monde veut l’autographe…
En fait l’alcoolique c’est monsieur tout le monde en vrai… c’est moi… et peut-être que c’est toi aussi.
La dépendance à l’alcool ressemble à une vie ordinaire dans laquelle l’alcool a pris une place extraordinaire.
3 – La dépendance est une maladie qui te fait croire que tu n’es pas malade.
Et c’est peut-être la raison la plus importante qui fait que c’est si dur de sortir du déni.
Car la dépendance à l’alcool, ce n’est pas juste une habitude difficile à changer. C’est un système fermé… un mécanisme qui s’est installé progressivement et qui aujourd’hui te tient au quotidien.
Un mécanisme dont l’essence est justement de te faire boire..
Parce que oui… Une personne dépendante à l’alcool boit d’abord parce qu’elle doit boire… parce que c’est justement ça le principe de la dépendance à l’alcool.
Mais donc… et bien pour assurer l’approvisionnement en alcool… ce mécanisme va aussi devoir te convaincre sans cesse que tout va bien.
Et oui… et c’est pour ça que toutes ces phrases que tu te répètes tout le temps pour justifier ta conso… pour excuser… pour te rassurer…
Toutes ces phrases du type :
– « Je ne bois que le week-end. »
– « Je ne bois jamais le matin. »
– « Je connais des gens qui boivent bien plus que moi. »
– « Je pourrais arrêter sans problème si je le voulais vraiment. »
Et bien en vrai ce ne sont pas tes phrases… ce ne sont même pas tes pensées.
Mais le mécanisme de la dépendance en action qui utilise ta voix pour te tromper chaque fois un peu plus.
Alors oui, pour ces trois raisons, si aujourd’hui tu as un problème d’alcool, oui c’est dur de sortir du déni…
Mais finalement pas parce que tu refuses de voir que tu as un problème d’alcool…
Mais plutôt parce que tu n’as pas encore compris pourquoi tu ne peux pas voir…
Et ça c’est très différent.
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