Fin de l’adolescence… premières soirées sans adultes, avec les copains (et les copines…), la musique un peu trop forte, les rires qui éclatent, les émotions qui débordent… et le verre à la main.
Un alcool festif… joyeux… partagé.
J’avais dix-sept ans, j’étais étudiant… loin de chez moi… libre de faire la fête jusque tard dans la nuit… libre de vivre ma vie à ma façon… libre de rire, danser, parler, séduire, expérimenter… Oui libre de vivre… et d’embrasser passionnément chaque instant…
Et bien sûr toujours l’alcool était là… rite de passage vers l’âge adulte… associé à la détente, à la convivialité, au plaisir… et même parfois aussi pourvoyeur de courage…
Puis les années ont passé… les consommations ont continué… et doucement, sans bruit, l’alcool s’est installé… devenant peu à peu ce compagnon du quotidien… la solution à toutes les situations, l’excuse à toutes les occasions.
Et l’étau s’est resserré… jusqu’à ce que j’en arrive à organiser, anticiper, adapter mes horaires, mes fréquentations, mes priorités, ma vie… pour laisser toujours plus de place à ce besoin de boire…
Jusqu’à…
Être celui qui ne pouvait pas ne pas ouvrir la bouteille suivante…
Être celui qui buvait en cachette…
Être celui qui buvait le matin et qui buvait pour ne plus trembler…
Être celui qui ne pouvait plus vivre sans… obsédé par la boisson… dans ma tête… dans mon corps… dans ma chair et dans mon âme.
Oui, j’ai été ce pantin esclave de la boisson… esclave de la bouteille.
Quel paradoxe quand même… Disparue l’insouciance des débuts, disparue la liberté de mes premiers verres.
Je buvais parce que je devais… parce que je n’avais plus le choix… C’est l’alcool qui décidait pour moi. Mes horaires, ma disponibilité, mon entourage…
Et c’est ça la dépendance… perdre sa liberté. A tous les niveaux et de plus en plus.
Alors oui l’abstinence m’a rendu cette liberté… mais surtout elle m’a rendu ma vie…
Elle m’a rendu mes choix.
Libre d’être là, disponible, présent, spontané…
Et parce que j’ai connu cette emprise, je sais aujourd’hui ce que vaut cette liberté…
Et pour rien au monde je ne reviendrai en arrière…















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