Il y a quelques jours, j’ai passé le cap des 6 500 jours sans alcool. Presque 18 ans.
Et même si aujourd’hui ma vie sans alcool est une évidence… ces étapes me font toujours quelque chose.
Parce qu’on tient toujours le compte de ce qui est important.
Surtout que j’en ai conscience… je reviens de loin.
J’étais celui qui buvait le matin.
Celui qui enchaînait les bouteilles et cachait les cadavres partout dans l’appartement.
Celui qui mentait. Qui manipulait ses proches.
Celui qui serait mort aujourd’hui s’il n’avait pas posé son verre.
Alors oui, en regardant cette photo avec ma fille, je me souviens…
Je me souviens de tout ce que j’ai traversé. De tout ce que je ne veux plus jamais revivre.
Parce que c’est ça finalement le secret d’une abstinence solide et sereine : Ne jamais oublier d’où l’on vient.
Pas pour se punir. Pas pour ressasser. Mais parce que la mémoire protège.
Car la maladie de l’alcool est une maladie chronique qui ne disparaît pas.
Alors oui, je suis alcoolique… et oui, je le serai toute ma vie.
Mais je n’en ai pas honte… Parce qu’il n’y a aucune honte à être malade.
Et pourtant…
C’est précisément cette honte qui empêche un grand nombre de personnes de regarder leur problème d’alcool en face… et de se soigner.
Cette honte fait qu’on attend. Qu’on minimise. Qu’on s’enfonce.
Parce que dans la tête des gens… l’alcoolique, c’est encore trop souvent le type au bar à 8h du matin. Le clochard. Celui qui a tout perdu.
Mais « Pas quelqu’un comme moi ».
Peut-être pas quelqu’un comme toi non plus.
Et c’est exactement ce mensonge qui nous coûte des années.
Car tant qu’on ne se reconnaît pas dans cette image… on ne peut pas se reconnaître dans le problème.
Pour avancer, ce n’est pas le nom de la maladie qu’il faut changer…
mais la perception qu’on en a.
6 500 jours…
Prends soin de toi.















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